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Peyrebeille (l'auberge rouge) 1831-1833


Nadine Ollivieri
(@nadine)
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Inscription: Il y a 11 mois
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Début du sujet  

LE COUPE-GORGE DES ÉPOUX MARTIN 

Se faire assassiner dans une auberge où, par définition on vient trouver refuge est déjà paradoxal. Y finir en saucisson pour la clientèle, est le comble de l'horreur. 

L'histoire débute à l'auberge de Peyrebeille. Situé sur un plateau désertique de l'Ardèche, l'endroit est battu par des vents glacials et couvert de neige une bonne partie de l'année. Le lieu est la jonction d'une part du Puy en Velay qui descend dans la vallée du Rhône et, d'autre part le Gévaudan. La seule halte que le voyageur fatigué, peut espérer trouver sur sa route. 

On dit souvent que l'occasion fait le larron, les époux Martin n'échappent pas à ce principe. Leur domestique Jean Rochette est un complice à toute épreuve lié à leur aventure macabre. On ignore encore aujourd'hui le nombre réel de victimes. L'affaire se base pour la plupart, sur des hypothèses et des suppositions. 

La mort accidentelle d'un client fortuné, sera le départ d'une engeance criminelle anthropophagique. Ils dépouillent le cadavre de sa bourse, et le jettent au fond d'un ravin, sachant qu'on ne le découvrirait pas de sitôt, si toutefois les loups en laissaient quelque chose. 

La tentation étant trop forte, ils décident de donner un coup de pouce au destin, et préparent de concert un plan diabolique pour les voyageurs suivants. 

Par un trou discret à travers la cloison de bois, ils épient leurs hôtes au moment du repas. Les imprudents laissent parfois échapper une parole qui renseigne les aubergistes, sur le bien qu'ils ont dans leurs poches, et qui laisse à penser que leurs bourses sont bien garnies. 

À partir de là, Jean de Rochette court se cacher dans les escaliers, et attend le moment propice du coucher pour assommer le voyageur d'un grand coup de gourdin. La victime est ensuite tirée vers la grange où l'époux Martin lui donne le coup de grâce avant de le détrousser, puis le jeter dans le four à pain pour l'incinérer. 

Les disparitions sont signalées à la gendarmerie et des rumeurs circulent. Certaines révèlent des dispositions particulières. Les hôtes exécutés, seraient servis sous forme de pâtés et ragoûts aux clients restants. Un paysan raconte qu'il aurait vu dans la cuisine des aubergistes, une marmite contenant des mains humaines bouillir sur le feu. 

Malgré les rumeurs et les fables, on attribue les disparitions au brigandage et aux loups. Ils amassent une richesse pendant vingt cinq ans. Forts de leur assurance, ils commettent une erreur fatale. 

D'un commun accord, ils ne s'en prennent qu'aux voyageurs de passage. En ce jour du 12 octobre 1831, Antoine Enjolras un paysan de la commune voisine, vient réclamer sa dette aux aubergistes. L'époux a la mauvaise idée de le faire passer de vie à trépas. 

Le corps est chargé en pleine nuit sur une mule, pour être abandonné dans la gorge d'un ravin. Malheureusement, deux personnes sont témoins de leurs actes. La première est un mendiant qui, surpris par le froid, passe la nuit dans un coin sombre de la grange, et assiste à la scène du meurtre. La seconde les croise sur le chemin de leur virée nocturne, la charge sur la mule lui paraît suspecte. 

Le mendiant prévient les gendarmes. Ils sont inculpés de meurtre, l'instruction du procès dure dix huit mois, mais il faut seulement une demie journée d'audience au tribunal de Privas, pour les envoyer auprès du bourreau. 

Les trois criminels sont guillotinés à quelques mètres de l'auberge, face à trente milles spectateurs venus assister à leurs exécutions. 

 

 

 


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